L’autre bout de l’île à l’heure dorée
Tous ceux qui préparent un voyage à Santorin entendent parler du coucher de soleil d’Oia avant d’entendre parler de quoi que ce soit d’autre sur l’île. Peu entendent parler du phare situé tout au sud de l’île, près du village d’Akrotiri, qui accomplit le même travail de base — le soleil qui descend sur l’eau — sans la queue.
Ce n’est pas un substitut à la vue d’Oia sur la caldeira ; c’est une vue entièrement différente, tournée vers la mer ouverte plutôt que vers le croissant de villages accrochés à la falaise. Pour un premier visiteur qui construit un plan sur une seule journée autour d’Oia, cette page est un détour. Pour quiconque s’est déjà tenu sur le Kastro d’Oia, coude à coude, en se demandant s’il n’existait pas un endroit plus calme, c’est ici.
Il est utile de préciser d’emblée ce que couvre cette page et ce qu’elle ne couvre pas. Le phare d’Akrotiri est un promontoire et une tour de navigation à la pointe sud de l’île. Ce n’est ni le site archéologique du même nom, ni la Plage Blanche ou la Plage Noire qui se trouvent également près d’Akrotiri et qui ne sont accessibles que par bateau. Trois lieux, un nom partagé, trois visites distinctes.
Phare d’Akrotiri contre village d’Akrotiri : même nom, lieux différents
C’est la confusion la plus fréquente à l’extrémité sud de l’île, et il vaut la peine de la démêler avant toute chose.
Le village d’Akrotiri donne son nom à toute la zone. À quelques minutes à pied ou en voiture du centre du village se trouve le site archéologique d’Akrotiri — l’établissement de l’âge du bronze enseveli sous les cendres et fouillé depuis 1967, aujourd’hui abrité sous un toit bioclimatique afin de pouvoir être visité par tous les temps. C’est une expérience de musée payante, avec billet, intérieure-extérieure, construite autour de passerelles surplombant une ville excavée. Personne n’y va pour le coucher de soleil ; on y va pour les ruines.
Le phare d’Akrotiri, en revanche, se trouve plus loin sur le promontoire, au-delà du village, à la pointe sud-ouest ouverte de l’île. Il n’y a ici ni fouilles, ni toit, ni billet. C’est une tour de pierre équipée d’un feu en service, dressée sur une étendue de rochers et de broussailles au-dessus de la mer, et la seule raison d’y venir est la vue — plus précisément, la vue à la tombée du jour. Si quelqu’un vous dit être « allé à Akrotiri pour le coucher de soleil », il parle du phare. S’il vous dit être « allé à Akrotiri pour voir les ruines », il parle du site archéologique. Les deux affirmations sont vraies à propos de la même petite zone de l’île, et aucune ne renvoie à l’autre lieu.
Cette confusion a des conséquences pratiques, pas seulement sémantiques : les deux sites sont séparés par un trajet en voiture, ils fonctionnent selon des logiques différentes (les ruines ont des horaires d’ouverture et un prix d’entrée, le phare ne ferme jamais puisque ce n’est pas une attraction avec un exploitant), et arriver à l’un en s’attendant à l’autre gâche justement la partie de la journée qui comptait — la lumière.
Comment s’y rendre
Le phare se trouve à l’extrémité sud de l’île, au-delà du village d’Akrotiri et au-delà de l’embranchement vers la Plage Rouge, sur une route étroite qui court jusqu’au promontoire. Il n’y a aucun service de bus ici : les bus KTEL qui relient Fira au sud s’arrêtent au village d’Akrotiri et aux plages, pas au phare lui-même. En pratique, cela fait du phare le point de vue sur le coucher de soleil le moins accessible de l’île pour qui n’a pas son propre véhicule.
La plupart des visiteurs y accèdent de trois façons : en voiture ou en scooter de location (environ 20 à 25 minutes depuis Fira, moins depuis le village d’Akrotiri ou Kamari), en quad, qui convient mieux au dernier tronçon de route non goudronnée, ou en taxi réservé à l’avance et prié d’attendre, les taxis étant rares sur l’île et ne passant pas simplement à la recherche d’une course. La voiture reste l’option la plus simple, celle que la plupart des guides supposent implicitement ; si vous n’en avez pas, intégrer le phare dans un circuit organisé — un itinéraire de dégustation de vin qui passe par le sud, par exemple — règle le problème du transport pour vous.
L’approche finale se fait sur une piste de terre et de gravier plutôt que sur une route goudronnée, avec une petite aire non aménagée pour laisser une voiture près de la tour. Elle est praticable avec une voiture de location ordinaire par temps sec, mais ce n’est pas l’endroit pour tester un véhicule à faible garde au sol après la pluie, laquelle est de toute façon rare pendant la saison des couchers de soleil.
À quoi ressemble vraiment le coucher de soleil ici
La différence essentielle entre ce lieu et Oia tient à la direction dans laquelle on regarde. À Oia, la foule se rassemble pour voir le soleil disparaître derrière la caldeira, avec les villages de falaise du nord formant des étages devant lui — cette fameuse silhouette de villages superposés est la seule raison pour laquelle on se dispute une place sur le Kastro.
Au phare d’Akrotiri, on fait face à la mer ouverte, au sud-ouest, avec la silhouette basse de Thirassia visible sur un côté et rien d’autre que la mer et le ciel devant soi. Il n’y a pas de paroi de caldeira dans le cadre, pas de dômes blanchis à la chaux qui accrochent la dernière lumière. C’est un coucher de soleil plus sobre, plus large, plus vide — plus proche d’un coucher de soleil sur l’océan ouvert que de la version carte postale à laquelle la plupart des gens s’attendent en venant à Santorin.
Ce compromis est exactement ce que recherche le voyageur à qui s’adresse cette page. Si vous avez déjà vécu une fois la version en étages, village-et-caldeira, une deuxième soirée passée à se disputer la même foule pour un angle légèrement différent vaut rarement le coup. Une soirée passée dans le calme, à regarder le même soleil se coucher sans avoir dû revendiquer un poste d’observation deux heures à l’avance, donne souvent l’impression de mieux utiliser la dernière heure de lumière du jour.
Comparaison avec les autres options de coucher de soleil
| Lieu | Vue | Niveau de foule | Accès | Coût |
|---|---|---|---|---|
| Kastro d’Oia | Caldeira et villages superposés | Très élevé en saison, arriver 90 min à 2 h à l’avance | À pied dans le village, aucun véhicule nécessaire | Gratuit |
| Phare d’Akrotiri | Mer ouverte, silhouette de Thirassia | Faible à modéré | Voiture, scooter, quad ou taxi réservé | Gratuit |
| Terrasses d’Imerovigli | Caldeira, plus proche de Fira | Modéré | À pied depuis Imerovigli ou Fira | Souvent une consommation minimale en café/restaurant |
| Rocher de Skaros | Caldeira depuis un promontoire sous Imerovigli | Faible à modéré, courte marche en descente | Courte marche, chemin irrégulier | Gratuit |
| Coucher de soleil en bateau | Face à la falaise de la caldeira depuis l’eau | Variable selon la taille du bateau | Croisière réservée obligatoire | Payant |
Aucune de ces options n’est objectivement « la meilleure » — chacune résout un problème différent. Oia offre la carte postale classique au prix d’une longue attente. Imerovigli et le rocher de Skaros offrent une vue sur la caldeira plus proche de Fira, avec une marche plus courte. Un bateau renverse toute l’équation, en vous laissant regarder les falaises plutôt que d’être debout dessus, ce qui est souvent la version la plus confortable de toutes. Le phare est l’option pour qui a déjà essayé les points de vue tournés vers la caldeira et veut quelque chose de différent plutôt qu’une variation sur le même thème.
Pour un panorama complet des alternatives comparables, consultez le guide des couchers de soleil au-delà d’Oia, et pour une comparaison entre observer le même événement depuis un pont de bateau plutôt que depuis un rocher, voir les croisières au coucher de soleil comparées.
Combiner le phare avec ce qui se trouve déjà à proximité
L’emplacement du phare, à la pointe sud, le met à portée facile de plusieurs autres lieux couverts par ce site, ce qui constitue l’argument pratique pour venir jusqu’ici plutôt que de rester toute la journée du côté des villages de la caldeira.
Le site archéologique d’Akrotiri est à quelques minutes en voiture en direction du village, et comme il est abrité sous un toit, c’est la recommandation classique pour une journée de vent, de chaleur ou d’averse imprévue — voir le guide des fouilles pour savoir ce que comprend réellement la visite.
Un peu plus loin, la Plage Rouge a connu des éboulements répétés ces dernières années et son accès a été restreint à plusieurs reprises depuis 2018 ; vérifiez les conditions actuelles avant de prévoir de vous y rendre à pied, et consultez les notes d’accès et de sécurité plutôt que de supposer que le chemin est ouvert.
Le vin est l’autre association naturelle. Plusieurs domaines viticoles de l’île se trouvent à l’intérieur des terres, du côté d’Akrotiri, et une dégustation en après-midi suivie d’un trajet jusqu’au phare pour le coucher de soleil est une manière courante et sensée de passer une demi-journée dans le sud. Pour une journée privée construite exactement autour de cette structure, il existe une excursion combinant la Plage Rouge, Akrotiri et une dégustation de vin :
une journée privée de huit heures couvrant la Plage Rouge, Akrotiri et une dégustation de vin
Si vous préférez voir la ville excavée elle-même avec un guide avant de vous diriger vers la côte, il existe aussi une visite guidée du site :
un parcours guidé à travers les fouilles d’Akrotiri associé à un domaine viticole voisin
Pour un aperçu général du cépage de l’île et de ses domaines avant de choisir une dégustation, le guide de la dégustation de vin à Santorin est le point de départ.
Observer le même coucher de soleil depuis l’eau
Pour les voyageurs qui en ont assez de se tenir debout sur des rochers ou des falaises en attendant une minute précise, un bateau résout le problème autrement : il vous place sur l’eau, face à l’île, plutôt que sur l’île, face à l’eau, et il élimine complètement la question de savoir pour quel point de vue se battre. Deux options construisent la soirée exactement autour de cette idée :
une croisière côtière programmée pour le coucher de soleil le long du littoral de la caldeira
une croisière au coucher de soleil qui longe la baie d’Ammoudi, sous Oia
Les deux placent les falaises de la caldeira devant vous à mesure que la lumière change, ce qui est une expérience véritablement différente du Kastro d’Oia comme de la vue sur la mer ouverte depuis le phare — à comparer à une soirée sur terre si la foule est votre principale préoccupation.
Notes pour la photographie
L’attrait du phare pour les photographes tient moins à la tour elle-même, qui est une structure de pierre modeste plutôt que spectaculaire, qu’à la possibilité de vraiment installer un cadrage sans trois autres personnes dans le champ. Le promontoire offre un horizon bas et dégagé, sans bâtiment pour couper la lumière, ce qui convient mieux à une composition simple, mer et ciel, qu’aux clichés en villages superposés que l’on associe habituellement à Santorin.
Quelques notes pratiques : le sol près de la pointe est fait de rochers irréguliers et de broussailles plutôt que d’une plateforme d’observation aménagée, si bien que des chaussures adaptées comptent davantage ici que sur un point de vue en village. Il n’y a pas de barrière au bord du promontoire dans la plupart des endroits, ce qui demande une vigilance particulière avec les trépieds et avec les enfants près du à-pic.
Et parce que le lieu fait face à la mer ouverte plutôt qu’à la caldeira, la meilleure lumière ici arrive souvent un peu plus tôt ou plus tard que le coucher de soleil « classique » sur la caldeira — cela vaut la peine d’y faire un court repérage à un autre moment de la journée si le cliché compte vraiment pour vous. Pour un panorama plus large des lieux prisés des photographes sur l’île, voir le guide des meilleurs spots photo et, pour une journée entière construite autour de la photographie, l’itinéraire photographique.
Quand y aller
Le coucher de soleil a lieu ici tous les soirs de l’année, mais la manière de le vivre change beaucoup selon la saison. Au cœur de l’été, le vent du meltemi peut rendre inconfortable une soirée sur un promontoire aussi exposé, en soulevant de la poussière et en rendant un long moment sur les rochers moins agréable qu’une terrasse de village abritée. Pendant les mois intermédiaires — avril à juin et septembre jusqu’à octobre — le vent est généralement plus doux et le ciel a tendance à être plus dégagé, ce qui en fait la période que cette page recommande le plus pour la visite.
L’hiver est une tout autre affaire. Beaucoup de bateaux et certains des restaurants qui animent le côté caldeira en été ferment entre novembre et mars, et une version dépouillée de l’île apparaît alors — plus calme, mais réellement différente plutôt que simplement une version ralentie de la haute saison. Un coucher de soleil tardif en automne ou en hiver depuis le phare, presque sans personne d’autre autour, a son propre charme pour un voyageur venu spécifiquement chercher le calme plutôt que le spectacle. Pour en savoir plus sur ce à quoi ressemble l’île hors saison principale, voir le guide de Santorin en hiver.
Quelle que soit la saison, la même règle s’applique ici comme partout ailleurs sur l’île : vérifiez l’heure réelle du coucher de soleil avant de partir plutôt que de supposer une heure fixe. Elle varie de plus de trois heures entre le cœur de l’été et le creux de l’hiver, et arriver trop tôt ou trop tard est le moyen le plus sûr d’avoir l’impression que le déplacement n’en valait pas la peine.
Détails pratiques avant de partir
Il n’y a ni droit d’entrée, ni billet, ni exploitant au phare lui-même, ce qui signifie aussi qu’il n’y a personne à qui poser des questions si quelque chose n’est pas clair sur place. Prévoyez de l’eau, car il n’y a rien à acheter sur le promontoire. Portez des chaussures adaptées aux rochers irréguliers plutôt que des sandales si vous comptez marcher jusqu’à la pointe. Et prévoyez une marge pour le trajet de retour dans l’obscurité, car la route qui mène au promontoire n’a aucun éclairage public et se négocie plus facilement tant qu’il reste un peu de lumière dans le ciel.
Si cette sortie s’inscrit dans une journée plus longue qui inclut aussi les îlots volcaniques ou une boucle plus large du sud, une option d’une journée complète couvrant davantage de terrain en une seule réservation mérite un coup d’œil :
une excursion d’une journée combinant Akrotiri avec une croisière vers le volcan
Pour tout le reste de ce qui compose une journée organisée autour de la moitié sud de l’île — où manger, combien de temps prévoir, ce qui se trouve à proximité — le guide des villages et le guide des plages couvrent ce que cette page ne traite pas.
Le phare d’Akrotiri : vos questions
Le phare d’Akrotiri est-il le même endroit que le site archéologique d’Akrotiri ?
Non. Le phare est un point de vue sur le coucher de soleil, situé sur le promontoire sud, sans aucune infrastructure. Le site archéologique est la ville de l’âge du bronze excavée, abritée sous un toit, à quelques kilomètres de là, près du village d’Akrotiri. Même nom, deux lieux différents et deux raisons différentes de s’y rendre.
Peut-on entrer dans le phare d’Akrotiri ?
Non. C’est un phare de navigation en service, pas une attraction touristique : il n’y a ni billetterie, ni personnel, ni accès à l’intérieur. On vient pour le promontoire et pour la vue, pas pour la tour elle-même.
Comment se rendre au phare d’Akrotiri sans voiture ?
C’est le point de vue sur le coucher de soleil le plus difficile d’accès de l’île sans véhicule personnel. Aucune ligne de bus régulière ne dessert le promontoire : la plupart des visiteurs y viennent en voiture de location, en scooter, en quad, ou en taxi réservé à l’avance en lui demandant d’attendre, ou encore en bateau, dans le cadre d’une croisière qui longe la pointe.
Le phare d’Akrotiri est-il bondé au coucher de soleil ?
Rarement, comparé au Kastro d’Oia. Il y a de la place pour s’étaler sur les rochers, et en haute saison le petit parking peut se remplir, mais rien à voir avec les foules qui s’installent 90 minutes à deux heures à l’avance à Oia.
À quoi ressemble la vue depuis le phare d’Akrotiri ?
Le soleil se couche sur la mer ouverte et la silhouette de Thirassia plutôt que sur la caldeira elle-même, puisque le promontoire fait face au sud-ouest et non à la caldeira. Il échange la vue en étages des villages d’Oia contre la mer ouverte, les falaises et un horizon plus bas et moins fréquenté.
Faut-il combiner le phare avec la Plage Rouge ou les ruines d’Akrotiri ?
Beaucoup le font, puisque les trois se trouvent à quelques minutes les uns des autres, à la pointe sud. Un ordre courant consiste à visiter le site archéologique ou un domaine viticole l’après-midi, à passer voir l’état d’accès à la Plage Rouge, puis à finir au phare pour le coucher de soleil — mais traitez chaque étape comme une visite à part entière plutôt que de supposer qu’un seul billet ou un seul chemin couvre les trois.
Y a-t-il des installations au phare — nourriture, eau, toilettes ?
Non. Il n’y a ni boutique, ni taverne, ni toilettes fiables sur le promontoire lui-même. Prévoyez de l’eau et mangez avant ou après, au village d’Akrotiri ou en revenant vers Fira.
Le phare d’Akrotiri vaut-il le détour si j’ai déjà vu le coucher de soleil d’Oia ?
C’est exactement le public à qui il convient le mieux. Il ne surpassera pas photographiquement les villages de la caldeira, mais il offre une soirée plus calme, sans billet, avec assez de place pour vraiment s’arrêter — ce que le Kastro d’Oia n’offre plus en haute saison.


